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Séparation ou divorce : que faire de son crédit immobilier ?

Guide publié le 24/09/2026
6 minutes de lecture
Sommaire

Une séparation ou un divorce peut bouleverser l’équilibre financier d’un foyer alors que le crédit immobilier, lui, continue normalement à devoir être remboursé.

Deux logements à financer, perte d’un second revenu, nouvelles charges, pension alimentaire ou mensualité devenue trop importante : la séparation peut rendre un prêt jusque-là supportable beaucoup plus difficile à rembourser.

Plusieurs solutions peuvent alors être étudiées : organisation entre les co-emprunteurs, vente du bien, désolidarisation, aménagement auprès de la banque ou, lorsque la situation financière le justifie, demande d’un délai de grâce permettant de suspendre temporairement le remboursement du crédit.

Guide mis à jour en septembre 2026

Que devient le crédit immobilier après une séparation ou un divorce ?

La séparation du couple ne met pas automatiquement fin au contrat de crédit immobilier.

Lorsque les deux membres du couple ont signé le contrat de prêt, ils sont co-emprunteurs.

Le divorce ou la séparation ne supprime pas, à lui seul, leurs engagements vis-à-vis de la banque.

Il faut donc distinguer deux sujets :

la relation entre les deux membres du couple, qui évolue à la suite de la séparation ;

et

la relation avec la banque, qui reste régie par le contrat de crédit tant qu’il n’est pas modifié ou remboursé.

C’est une distinction essentielle.

Même si les ex-conjoints décident entre eux que l’un conservera le logement et paiera seul le crédit, cela ne signifie pas nécessairement que l’autre est libéré de ses obligations vis-à-vis de la banque.

Qui doit continuer à payer les mensualités après la séparation ?

Lorsque les deux membres du couple sont co-emprunteurs, la séparation ne fait pas disparaître la garantie co-emprunteur.

La banque peut continuer à demander le paiement conformément aux engagements prévus par le contrat.

Une organisation décidée uniquement entre les deux ex-conjoints ne modifie donc pas automatiquement le contrat de prêt.

Plusieurs solutions peuvent ensuite être envisagées selon le devenir du logement :

  • conserver le bien à deux ;
  • vendre le logement et rembourser le crédit ;
  • permettre à l’un des deux de conserver le bien ;
  • demander la désolidarisation de l’autre co-emprunteur.

Chaque solution entraîne des conséquences financières différentes.

Peut-on se désolidariser du crédit immobilier ?

Oui, une désolidarisation peut être demandée à la banque lorsque l’un des co-emprunteurs souhaite conserver seul le crédit.

Mais la banque doit accepter cette modification.

Elle va notamment pouvoir examiner la capacité du co-emprunteur restant à supporter seul les remboursements.

Si la banque accepte, le prêt peut continuer avec un seul emprunteur selon les modalités convenues.

Une autre possibilité peut consister à proposer le remplacement d’un co-emprunteur par un nouveau garant ou une garantie supplémentaire, sous réserve là encore de l’accord de la banque.

La désolidarisation ne doit donc pas être considérée comme automatique après un divorce ou une séparation.

Pourquoi une séparation peut-elle rendre le crédit difficile à payer ?

Un crédit immobilier souscrit à deux a souvent été dimensionné en fonction des ressources du couple.

Après une séparation, cet équilibre peut disparaître.

Par exemple :

Avant la séparation

Deux revenus participent aux dépenses du foyer et au remboursement d’une seule résidence.

Après la séparation

Le couple doit parfois financer deux logements avec les mêmes ressources globales, auxquelles peuvent s’ajouter de nouvelles dépenses.

L’un des co-emprunteurs peut également se retrouver à supporter une part beaucoup plus importante de la mensualité.

Le problème n’est donc pas nécessairement le crédit lui-même, mais la modification brutale de l’équilibre financier sur lequel il avait été construit.

Votre séparation rend votre crédit immobilier difficile à payer ?

Une mensualité qui était supportable à deux peut devenir beaucoup plus difficile à assumer après une séparation.

Pause Crédit peut étudier votre nouvelle situation financière afin de déterminer si une suspension temporaire du remboursement peut être envisagée.

Étudier ma situation

Peut-on demander un report des mensualités à la banque ?

Oui.

Il est tout d’abord utile de consulter le contrat de crédit afin de vérifier s’il prévoit :

  • une modulation des mensualités ;
  • un report d’échéances ;
  • une modification de la durée du prêt.

Vous pouvez également solliciter directement votre établissement prêteur pour rechercher un aménagement amiable.

Lorsque la solution demandée n’est pas prévue par le contrat, la banque n’est toutefois pas nécessairement tenue de l’accepter.

Il faut également demander quelles seraient les conséquences d’un éventuel report sur la durée et le coût du crédit.

Peut-on suspendre son crédit immobilier après une séparation ou un divorce ?

Lorsque la séparation entraîne des difficultés financières importantes, une demande de délai de grâce peut être étudiée.

L’article 1343-5 du Code civil permet au juge, compte tenu de la situation du débiteur et des besoins du créancier, de reporter ou d’échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de deux années.

Pour les crédits concernés, l’article L314-20 du Code de la consommation permet au juge des contentieux de la protection de suspendre l’exécution des obligations de l’emprunteur dans les conditions prévues par cet article.

Cette procédure est appelée délai de grâce.

Le juge examine la situation financière qui lui est présentée avant de prendre sa décision.

Une séparation suffit-elle pour obtenir une suspension ?

Non.

La séparation ou le divorce ne donne pas automatiquement droit à une suspension du crédit.

Ce qui doit notamment pouvoir être présenté, ce sont les conséquences financières concrètes de la nouvelle situation.

Par exemple :

  • diminution des ressources disponibles ;
  • perte de la participation financière de l’autre membre du couple ;
  • apparition d’un second loyer ;
  • nouvelles charges liées aux enfants ;
  • pension alimentaire ;
  • nécessité d’assumer seul une partie plus importante du crédit ;
  • déséquilibre entre les ressources et les charges.

Le juge apprécie la situation du débiteur ainsi que les besoins du créancier.

Chaque demande doit donc être examinée individuellement.

Combien de temps peut durer la suspension ?

Le délai accordé par le juge peut aller jusqu’à deux ans maximum.

La durée n’est pas automatiquement de 24 mois.

Le juge détermine la mesure adaptée à la situation.

Dans le contexte d’une séparation, cette période peut notamment permettre de disposer de temps pour :

  • réorganiser le budget ;
  • stabiliser la nouvelle situation familiale ;
  • vendre éventuellement le logement ;
  • rechercher une solution concernant le crédit ;
  • retrouver une capacité de remboursement suffisante.

Le crédit reste dû.

La suspension constitue une période temporaire et non une annulation de la dette.

Quels documents préparer après une séparation ?

Si la séparation entraîne des difficultés de remboursement, il est important de pouvoir montrer l’évolution de la situation financière.

Il peut notamment être utile de réunir :

  • le contrat de crédit ;
  • le tableau d’amortissement ;
  • les justificatifs de revenus ;
  • les justificatifs des nouvelles charges ;
  • les éléments permettant d’établir la séparation lorsqu’ils sont pertinents ;
  • les justificatifs liés au nouveau logement ;
  • les éléments relatifs aux enfants ou pensions lorsqu’ils ont un impact financier ;
  • les échanges avec la banque ;
  • les éventuelles demandes de désolidarisation ;
  • les courriers relatifs à des échéances impayées.

L’objectif est notamment de permettre une comparaison claire entre la situation financière avant et après la séparation.

Que faire si l’un des deux co-emprunteurs ne paie plus ?

Cette situation doit être prise au sérieux rapidement.

Lorsque les deux personnes restent engagées comme co-emprunteurs, le fait que l’une d’elles cesse de participer au remboursement ne fait pas automatiquement disparaître les obligations résultant du contrat de crédit.

La mensualité continue à devoir être payée.

Pour l’autre co-emprunteur, cela peut entraîner une augmentation brutale de la charge financière réellement supportée.

Il est alors important de :

  • vérifier précisément le contrat ;
  • conserver les éléments relatifs aux paiements ;
  • contacter la banque ;
  • mesurer l’impact sur son budget ;
  • étudier rapidement les solutions disponibles.

Si cette situation rend le remboursement impossible ou très difficile, une analyse de la situation financière devient nécessaire.

Faut-il vendre le logement après une séparation ?

Pas nécessairement.

La vente constitue l’une des solutions possibles, mais elle n’est pas la seule.

Selon la situation, plusieurs scénarios peuvent exister :

Vendre le logement

Le produit de la vente peut permettre de rembourser le crédit, sous réserve notamment du capital restant dû et des différents frais.

Conserver temporairement le logement à deux

Cette solution suppose de déterminer comment les mensualités et les charges seront assumées.

L’un des deux conserve le logement

Il faut alors notamment traiter la question de la propriété du bien et celle du crédit, qui sont deux sujets distincts.

Une désolidarisation du prêt peut être demandée à la banque.

Le choix dépend donc de la situation patrimoniale, familiale et financière du couple.

Que faire si la banque refuse la désolidarisation ?

e refus de désolidariser un co-emprunteur signifie que le contrat de crédit ne sera pas modifié de cette manière.

Les engagements envers la banque continuent alors selon les conditions du prêt.

Il faut donc étudier d’autres solutions :

  • maintenir temporairement le crédit à deux ;
  • rechercher une autre garantie acceptable pour la banque ;
  • envisager la vente du bien ;
  • rechercher un autre aménagement du crédit ;
  • étudier les solutions adaptées lorsque les mensualités ne peuvent plus être supportées.

Si le problème principal devient la capacité à payer les échéances, la question n’est alors plus seulement celle de la désolidarisation mais également celle de la gestion des difficultés de remboursement.

Que faire si la banque refuse également de reporter les mensualités ?

Il faut distinguer le report demandé à la banque du délai de grâce demandé au juge.

Un refus de la banque ne signifie donc pas nécessairement qu’une suspension judiciaire ne peut pas être étudiée.

Le délai de grâce repose sur une décision du juge et non sur l’accord préalable de l’établissement prêteur.

Faut-il attendre d’avoir des mensualités impayées ?

Non.

Si la séparation vient d’avoir lieu et que vous constatez déjà que votre nouvelle situation financière ne vous permettra pas de supporter durablement les mensualités, vous pouvez commencer à agir.

L’objectif est notamment d’éviter que la situation se transforme progressivement en :

  • échéances impayées ;
  • relances ;
  • pénalités éventuelles ;
  • incidents de remboursement ;
  • aggravation générale de la situation financière.

Une séparation constitue justement un moment où il peut être utile de recalculer immédiatement le budget du foyer.

Suspension du crédit ou vente du logement ?

Ces deux solutions répondent à des objectifs différents.

La vente peut permettre de sortir définitivement du financement lorsque le logement ne peut ou ne souhaite plus être conservé.

La suspension temporaire peut avoir un intérêt lorsque le besoin principal est de gagner du temps pour traverser la période de transition.

Par exemple, quelques mois peuvent permettre de stabiliser la situation professionnelle, organiser la séparation, préparer une vente ou rechercher une solution durable concernant le logement.

Le délai de grâce n’a donc pas vocation à résoudre définitivement toutes les conséquences patrimoniales d’un divorce.

Il apporte une réponse temporaire à une difficulté de paiement.

Le cadre juridique

Le divorce ou la séparation ne met pas automatiquement fin au contrat de prêt ni à la garantie co-emprunteur.

Lorsqu’une personne souhaite être libérée de son engagement, une désolidarisation peut notamment être demandée à la banque, qui doit l’accepter.

Par ailleurs, l’article 1343-5 du Code civil permet au juge, compte tenu de la situation du débiteur et des besoins du créancier, de reporter ou d’échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de deux années.

Pour les crédits concernés, l’article L314-20 du Code de la consommation organise également le délai de grâce.

Information juridique mise à jour en septembre 2026.

Votre séparation rend votre crédit immobilier difficile à payer ?

Une mensualité qui était supportable avec deux revenus peut devenir difficile à assumer après une séparation.

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